Rédacteurices en chef
Romain Chareyron et Barbara Fougère —— Introduction
Romain Chareyron est professeur agrégé de français à l’Université de la Saskatchewan (Canada). Ses recherches en études cinématographiques françaises et francophones portent principalement sur les études du care et les Disability Studies, la représentation de la jeunesse, les identités queer et LGBTQIA+, ainsi que les star studies. Il a codirigé l’ouvrage collectif Screening Youth: Contemporary French and Francophone Cinema (Presses universitaires d’Édimbourg, 2019) et dirigé Trans Identities in the French Media: Representation, Visibility, Recognition (Lexington Books, 2023). Son prochain ouvrage collectif, Isabelle Adjani: The Actress as « Auteur », paraîtra en septembre 2026 aux Presses universitaires d’Édimbourg.
Barbara Fougère est jeune docteure associée à l’Institut ACTE, Paris 1, Panthéon-Sorbonne. Elle a soutenu en 2023 une thèse en études cinématographiques sur la place des personnes sourdes dans l’industrie du cinéma, sous la direction de José Moure (Paris 1, Panthéon-Sorbonne). Elle est membre active de l’association Retour d’Image et du Programme Handicap et Sociétés de l’EHESS. Avec Andrea Benvenuto et Olivier Schetrit, elle organise une série de séminaires consacrés
au devenir archive du patrimoine visuel Sourd.
Contributeurices
Nicolas Becker —— Le son comme langage démocratique
Autodidacte, Nicolas Becker commence sa carrière en tant que bruiteur. Il est aujourd’hui sound designer et compositeur. Il a collaboré entre autres avec Alfonso Cuaron (Gravity, 2013), Mati Diop (Dahomey, 2024), Athina Rachel Tsangari (Harvest, 2024) ou Alejandro G. Iñárritu (Bardo, Fausse chronique de quelques vérités, 2022). En 2021, il remporte l’Oscar du meilleur son pour son travail sur le film Sound of Metal (Darius Marder, 2019), qui raconte l’histoire d’un batteur qui perd l’audition.
Louis Daubresse —— L’oreille qui n’entend pas face au silence qui s’écoute : singularités d’une expérience de recherche
Louis Daubresse est docteur en études cinématographiques et audiovisuelles. Sa thèse, soutenue à l’Université de la Sorbonne Nouvelle, sur les esthétiques du silence dans le cinéma contemporain, sera prochainement publiée aux Presses du Septentrion. Il a écrit des articles sur la disparition de la parole au cinéma ou sur l’inversion temporelle dans divers films. Chargé de cours à Paris III, à Lille, à Poitiers, à Lyon II ou encore à Montpellier – Paul Valéry, puis ATER à Clermont-Auvergne et à l’Université de Lorraine, il y a enseigné entre autres l’analyse filmique, l’approche des genres cinématographiques, l’histoire du cinéma et les écritures sonores. Il effectue actuellement un postdoctorat ayant reçu un financement grâce à la Fondation Balzan et consacré aux enjeux figuratifs et culturels du tatouage à l’écran.
Gemma King —— Le son empathique au cinéma : le paysage sonore sourd de Sound of Metal
Dr Gemma King est Senior Lecturer en études du français et de l’audiovisuel à l’Université Nationale d’Australie. Ses recherches portent sur la représentation de la langue (notamment les langues des signes), le pouvoir social, les rapports post.coloniaux et la surdité dans les films et les séries. Elle est l’auteure des livres Decentring France: Multilingualism and Power in Contemporary French Cinema (2017) et Jacques Audiard (2021) de Manchester University Press. De 2023 à 2026, elle mène une étude des cinémas en langue des signes, ‘Sign on Screen: Language, Culture and Power in Sign Language Cinema’, soutenue par le Conseil australien de la recherche.
Maylis Laureti —— Différer l’expérience, partager le sensible
Maylis Laureti est docteure en études cinématographiques et a enseigné à l’Université Sorbonne Nouvelle et à l’Université de Poitiers. Elle a soutenu en 2020 une thèse interrogeant les films d’Agnès Varda, Alain Cavalier et Chris Marker au prisme de l’essai. Ses recherches, articulées autour de la double question de l’exercice de soi et de la relation à l’autre, mobilisent une réflexion sur la parole et la voix et explorent les façons dont les films rendent le monde habitable.
Marina Ledrein et le collectif MOUVEMENT(s) —— Faire bouger les corps et les lignes. Échanges autour d’un film né en hôpital psychiatrique
Le collectif MOUVEMENT(s) est composé de personnes dont les parcours de vie ont été/ou sont encore psychiatrisés, de soignantes et de chercheur·ses d’horizons divers, tous et toutes artistes.
Temps de rassemblement, le collectif invite à se retrouver et à aller à la rencontre.
Partager les sensibilités artistiques de chacun et chacune pour briser une bonne fois pour toute l’idée fausse qu’a la société de ses fous et de ses folles. Le statut de fou est stigmatisé et vu avant toute autre chose comme dangereux pour lui-même et pour les autres. Le collectif revendique fermement la culture comme un moyen pour redonner un souffle de vie et d’ouverture sur le monde. Il cherche à occuper les espaces dans et hors les murs, créer des ouvertures, des portes, défoncer (métaphoriquement) des murs et lutter contre le cloisonnement : revendiquer un droit d’exister dans la cité.
Les soignantes engagées souhaitent défendre et revendiquer le soin comme une conception du monde et des relations et pas seulement comme un travail et un statut.
Nos outils sont ceux de la création et en particulier lorsqu’elle nous fait bouger.
Le collectif se réunit toutes les semaines à l’hôpital Robert Ballanger à Aulnay-sous-Bois. Il s’organise aussi autour de temps hors les murs lors de résidences de création auprès des partenaires engagés à ses côtés. Il est un espace d’accueil ouvert sur le lieu dans lequel il s’inscrit, ouvert à toute la communauté psychiatrique quel que soit le statut et toujours en fonction des désirs et de l’engagement. Ses membres ne sont pas fixes, les arrivées et les départs s’inscrivent dans le fil de la vie et de ses fluctuations. Au sein du collectif, les positions de chacun et chacune ne sont pas les mêmes, certain·es revendiquent la folie comme manière de vivre, d’autres ne se reconnaissent pas dans le terme, le collectif est perçu comme une famille choisie pour d’autres.
Marie-Thérèse L’Huillier —— La place des Sourds et de la Langue des signes française dans les médias : une révolution racontée de l’intérieur
Marie-Thérèse L’Huillier est sourde et a été ingénieure en ressources linguistiques au Centre National de la Recherche Scientifique jusqu’en 2018. Actuellement à la retraite, elle poursuit ses activités en tant que formatrice et conférencière, tout en étant membre du Collectif de recherche Les Deaf Studies en question à l’École des Hautes Études en Sciences Sociales.
Dans les années 1970, elle participe activement au mouvement du Réveil Sourd, contribue à la fondation de l’International Visual Theatre, et mène de nombreuses actions dans le domaine éducatif, culturel et médiatique. De 1979 à 1987, elle raconte plus de 450 histoires en LSF dans l’émission jeunesse Récré A2. Cette émission est la première en France à être présentée en LSF, par une personne sourde. En 1994, avec la collaboration de l’orthophoniste D. Hof, elle créée l’émission L’œil et la main, diffusée sur France 5 jusqu’en 2003, et produit ainsi plus de 250 reportages destinés au public sourd et malentendant.
Diane Maroger —— Le cinéma pour confronter les non-dits
Diane Maroger est associée chez DECIA FILMS, chargée du développement artistique. Diplômée de la FÉMIS, elle est d’abord cheffe monteuse de documentaires pour la télévision (Arte, France TV, RTBF), de films primés en festivals et de courts-métrages d’art. Elle réalise en 2002 Maternité interdite, un documentaire coproduit et diffusé par France 3 (Clé d’Or du Festival de Lorquin). En 2003, elle fonde, avec un collectif d’artistes en situation de handicap, le Festival « RETOUR D’IMAGE », premier en France à nourrir une réflexion innovante sur les représentations du handicap au cinéma. L’accessibilité des œuvres et l’échange avec une diversité d’audiences, notamment les professionnels du film et le jeune public, y sont fondamentaux. Elle est nommée Chevalier de l’ordre national du Mérite en 2017 pour ses contributions au cadre légal de l’accessibilité du secteur cinématographique. Elle écrit et développe actuellement plusieurs projets artistiques personnels. Une sélection de ses travaux vidéo dont il est question dans cet entretien est à découvrir du 3 avril au 13 septembre 2026 au Palais de Tokyo (Paris), lors de la saison Normes corps, dans l’exposition « Cheryl Marie Wade Reine mère des noueux ».
Sarah Neelsen —— Éducation à l’image et inclusion. Sur le tournage d’un film d’horreur à Wuppertal
Sarah Neelsen est maîtresse de conférence à la Sorbonne Nouvelle, directrice adjointe du département d’études germaniques et franco-allemandes. Après sa thèse de doctorat (Les essais d’Elfriede Jelinek. Genre, relation, singularité, Honoré Champion 2016), elle a publié une quinzaine d’articles sur la littérature germanophone contemporaine. Elle a également enseigné la traduction et la théorie de la traduction à l’Université de Liège (2016-2018) et mené des recherches sur la traduction multimodale (F. Mus et S. Neelsen, Translation and plurisemiotic pratices, Numéro spécial de la revue JosTrans 2021). Elle a collaboré depuis 2020 avec la chaire de « Medienwissenschaften und Neuere deutsche Literatur » de la TU Dresden, à un projet de recherche consacré aux relations entre l’organique et le technique (L. Koch, S. Neelsen, J. Prager, Organo-technische Figurationen im Schreiben und Denken, De Gruyter 2024). Ses recherches actuelles portent sur les écritures du handicap, projet pour lequel elle a été accueillie comme Junior Researcher à la TU Dresden de février à juin 2023.
Jessica Ragazzini et Maxime Savoie —— La fiction documentaire et l’expérience dans Kenny (1987) de Claude Gagnon
Jessica Ragazzini est chargée de cours à l’Université du Québec en Outaouais et commissaire indépendante. Ses recherches transdisciplinaires se consacrent aux corporéités dans le champ artistique. Autrice de nombreux articles et conférences, Jessica a également co-dirigé plusieurs numéros de revues ayant pour sujet les représentations du corps en mutation (Les Cahiers du Musée national d’art moderne, Les Écrans, Ex_situ, Images Re-vues).
Maxime Savoie est intervenant psychosocial, spécialisé en troubles de santé mental. Il est diplômé en psychologie, il fut assistant au laboratoire de cyberpsychologie de l’Université du Québec en Outaouais. Ses recherches actuelles portent sur les représentations du corps explorées par le cinéma, les séries d’horreurs et de genre.
Olivier Schetrit —— Quand l’écran donne à voir la surdité : une lecture anthropologique
Olivier Schetrit, artiste et docteur en anthropologie visuelle de l’EHESS, se spécialise dans les études transnationales du corps sourd à travers l’art, menées au sein du laboratoire CEMS (CNRS-INSERM-EHESS). Membre du Programme Handicaps et Sociétés (PHS), ses recherches explorent les collectifs et les lieux propices à l’émergence des pratiques artistiques, mettant l’accent sur la singularité ou la collectivité face aux défis du handicap et à la résistance contre l’idéologie médicale. Actif dans le champ multidisciplinaire des Deaf Studies en France, il a publié divers articles, dont certains portent sur le théâtre des sourds, les mouvements d’auto-réparation par l’art, le corps Sourd, et le concept de Deaf gain. Son travail récent se concentre sur un ouvrage rendant hommage à Christian Cuxac et explorant son rôle pionnier dans l’émancipation artistique des Sourds.
Gabriele Stera —— Films de sous-titrage : arts de l’accessibilité au cinéma
Gabriele Stera (ArTeC/Paris 8) est chercheur et artiste, actif en France et en Italie. Il est actuellement doctorant contractuel sous la direction d’Yves Citton à Paris 8, où il réalise une thèse en littérature consacrée à l’histoire et aux usages créatifs du sous-titrage audiovisuel à la croisée de l’archéologie des médias et des disability studies. Ses recherches portent sur les relations entre texte et image et sur le détournement des dispositifs paratextuels utilitaires. Il codirige le dis- glossaire dismediations.eur-artec.com plateforme de recherche-création dédiée aux relations entre arts, technologie et handicap. Il a présenté en 2022 la programmation-performance « Poétiques du sous-titrage », au Centre Pompidou.
Comité scientifique
Michel Amarger (Réalisateur et critique) —— Andrea Benvenuto (EHESS) —— Gildas Brégain (CNRS, École des hautes études en santé publique) —— Elena Chamorro (Université d’Aix-Marseille, Collectif anti-validiste CLHEE) —— Dominique Chateau (Paris 1 Panthéon-Sorbonne) —— Michèle Diotte (Université d’Ottawa) —— Ninon Dubourg (Fondation Alexander von Humboldt – Université de Cologne) —— Charles Gaucher (Université de Moncton, Nouveau Brunswick, Canada) —— Mathias Lavin (Université de Poitiers) —— Sarah Leperchey (Université Paris 1 Panthéon-Sorbonne) —— Marie Martin (Université de Poitiers) —— José Moure (Université Paris 1 Panthéon-Sorbonne) —— Stéphane Rastello (Association Retour d’Image) —— Pierre Schmitt (chercheur indépendant)
Comité de rédaction de la revue
Marion Carrot, docteure en études cinématographiques, Université Paris-8 —Vincennes-Saint-Denis —— Florence Chéron, docteure en études cinématographiques, Université Paris-8 — Vincennes-Saint-Denis —— Lydie Delahaye, MCF, Université Paris-1 — Panthéon Sorbonne —— Bárbara Janicas, docteure en études cinématographiques, Université Paris-8 — Vincennes-Saint-Denis (ESTCA) —— Éline Grignard, Principal investigator (PI) et coordinatrice de la chaire Street Art, ENS — PSL.
