Le cinéma pour confronter les non-dits

Diane Maroger est associée chez DECIA FILMS, chargée du développement artistique. Diplômée de la FÉMIS, elle est d’abord cheffe monteuse de documentaires pour la télévision (Arte, France TV, RTBF), de films primés en festivals et de courts-métrages d’art. Elle réalise en 2002 Maternité interdite, un documentaire coproduit et diffusé par France 3 (Clé d’Or du Festival de Lorquin). En 2003, elle fonde, avec un collectif d’artistes en situation de handicap, le Festival « RETOUR D’IMAGE », premier en France à nourrir une réflexion innovante sur les représentations du handicap au cinéma. L’accessibilité des œuvres et l’échange avec une diversité d’audiences, notamment les professionnels du film et le jeune public, y sont fondamentaux. Elle est nommée Chevalier de l’ordre national du Mérite en 2017 pour ses contributions au cadre légal de l’accessibilité du secteur cinématographique. Elle écrit et développe actuellement plusieurs projets artistiques personnels, et son travail sur la poétesse Cheryl Marie Wade est à découvrir au sein de l’exposition « Normes Corps » qui se tient du 3 avril au 13 septembre 2026, au Palais de Tokyo, à Paris.

Quand l’écran donne à voir la surdité

Entretien avec Olivier Schetrit, anthropologue Quand l’écran donne à voir la surdité : une lecture anthropologique ≡ Version pdf à télécharger Dans votre thèse d’anthropologie visuelle intitulée « La culture Sourde. Approche filmique de la création artistique et des enjeux identitaires des Sourds[1] », vous proposez un panorama de la représentation de la surdité au cinéma. Que

Faire bouger les corps et les lignes

Film sans scénario, Chorée est né à l’hôpital psychiatrique Robert Ballanger (93) en collaboration avec le collectif d’usager·ères MOUVEMENT(s). Prenant pour point de départ l’impact de la souffrance psychique et des médicaments sur le corps et le mouvement, le projet oscille entre prise de parole et mise en mouvement, témoignage et film de danse. Son titre, emprunté à la Chorea antique, désigne simultanément une danse en groupe et une maladie nerveuse caractérisée par des mouvements involontaires, irréguliers. Il renvoie surtout à l’intention commune : celle de faire corps, de danser ensemble, et de porter un discours à plusieurs voix sur des stratégies de survie contemporaines face à la souffrance psychique.
L’accueil au studio 11 du CENTQUATRE à Paris a permis de déplacer le dispositif de tournage de l’hôpital vers un espace dédié à la pratique de la danse. Le collectif a alors décidé d’écarter toutes les images tournées à l’hôpital. L’intention initiale, celle de documenter une réalité vécue, s’est doublée d’un désir commun de la poétiser par la danse, d’en faire autre chose et de s’emparer des outils offerts par le lieu pour partager une expérience sensible et synesthésique : une manière de prendre soin de la situation, des corps et de la relation.

Le son empathique au cinéma

Cet article revisite la tradition cinématographique du point d’audition (PA) pour élaborer un sous-concept du PA immersif, selon lequel le public partage non seulement le positionnement dans l’espace d’un personnage, mais sa perception sensorielle subjective : le son empathique. Ce portrait d’un paysage sonore sourd accessible permet à son tour d’explorer les possibilités du Deaf gain.

La place des Sourds et de la Langue des signes française dans les médias

Témoignage de Marie-Thérèse L’Huillier La place des Sourds et de la Langue des signes française dans les médias : une révolution racontée de l’intérieur ≡ Version pdf à télécharger Introduction Étant sourde de parents Sourds[1], j’ai grandi en immersion totale dans la richesse de la Langue des signes française (LSF). À l’âge de quatre ans,

Éducation à l’image et inclusion

Le Medienprojekt Wuppertal est le plus important collectif de production vidéo à destination des jeunes en Allemagne. Créé en 1992, il compte aujourd’hui parmi ses cinq rédactions une rédaction inclusive de personnes avec et sans handicap. Elles travaillent ensemble à la réalisation de courts métrages et sont formées à l’image et à la gestion de projet par des médiateurices et des professionnel⋅les du cinéma. Après un rapide historique de l’association, l’article analyse l’une des productions de la rédaction inclusive, le film d’horreur Metalhead (2024), d’abord comme réappropriation transgressive du genre, propre à déstabiliser les spectateurices, puis comme exemple de création adaptée, à travers une enquête de terrain réalisée pendant le tournage.