{"id":8270,"date":"2026-07-01T21:25:26","date_gmt":"2026-07-01T19:25:26","guid":{"rendered":"https:\/\/imagessecondes.fr\/?p=8270"},"modified":"2026-07-01T21:25:28","modified_gmt":"2026-07-01T19:25:28","slug":"becker","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/imagessecondes.fr\/index.php\/2026\/07\/becker\/","title":{"rendered":"Le son comme langage d\u00e9mocratique"},"content":{"rendered":"\n<h2 class=\"wp-block-heading has-text-align-center has-vivid-red-color has-text-color has-link-color wp-elements-2847dc3e68c13e974c095586d821b0e0\" style=\"font-size:30px\"><strong>Conversation avec Nicolas Becker \u00e0 propos de son travail sur <em>Sound of Metal<\/em><\/strong><\/h2>\n\n\n\n<hr class=\"wp-block-separator has-alpha-channel-opacity\"\/>\n\n\n\n<details class=\"wp-block-details is-layout-flow wp-block-details-is-layout-flow\"><summary><strong>Bio-filmographie de Nicolas Becker<\/strong><\/summary>\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Autodidacte, Nicolas Becker commence sa carri\u00e8re en tant que bruiteur. Il est <em>aujourd\u2019hui sound designer<\/em> et compositeur. Il a collabor\u00e9 entre autres avec Alfonso Cuaron (<em>Gravity<\/em>, 2013), Mati Diop (<em>Dahomey<\/em>, 2024), Athina Rachel Tsangari (<em>Harvest<\/em>, 2024) ou Alejandro G. I\u00f1\u00e1rritu (<em>Bardo, Fausse chronique de quelques v\u00e9rit\u00e9s,<\/em> 2022). En 2021, il remporte l\u2019Oscar du meilleur son pour son travail sur le film <em>Sound of Metal <\/em>(Darius Marder, 2019), qui raconte l\u2019histoire d\u2019un batteur qui perd l\u2019audition.<\/p>\n<\/details>\n\n\n\n<details class=\"wp-block-details is-layout-flow wp-block-details-is-layout-flow\"><summary><strong>R\u00e9f\u00e9rence \u00e9lectronique pour citer cet article<\/strong><\/summary>\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Romain Chareyron et Barbara Foug\u00e8re, \u00ab Le son comme langage d\u00e9mocratique. Conversation avec Nicolas Becker \u00e0 propos de son travail sur <em>Sound of Metal<\/em> \u00bb,\u00a0<em>Images secondes<\/em>\u00a0[En ligne], 06 | 2026, mis en ligne le 1<sup>er<\/sup>\u00a0juillet 2026, URL\u00a0:\u00a0<a href=\"http:\/\/imagessecondes.fr\/index.php\/2026\/07\/becker\/\" target=\"_blank\" rel=\"noreferrer noopener\">https:\/\/imagessecondes.fr\/index.php\/2026\/07\/becker\/<\/a><\/p>\n<\/details>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><strong>\u2261 Version pdf \u00e0 t\u00e9l\u00e9charger<\/strong><\/p>\n\n\n\n<hr class=\"wp-block-separator has-alpha-channel-opacity\"\/>\n\n\n\n<h1 class=\"wp-block-heading has-vivid-red-color has-text-color has-link-color wp-elements-76a4ac438b7bccf5927ac96eff226c2e\" style=\"font-size:20px\"><strong>Qu&rsquo;est-ce qui vous a attir\u00e9 dans le fait de travailler sur <em>Sound of Metal<\/em> ?<\/strong><\/h1>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">J&rsquo;avais d\u00e9j\u00e0 travaill\u00e9 sur des films o\u00f9 on rentre dans la t\u00eate des gens (<em>Le Pianiste<\/em>, <em>127 heures<\/em>, <em>Gravity<a href=\"#_ftn1\" id=\"_ftnref1\"><sup><strong><sup>[1]<\/sup><\/strong><\/sup><\/a>&#8230;<\/em>). Petit \u00e0 petit, par la force des choses, j&rsquo;ai donc commenc\u00e9 \u00e0 r\u00e9fl\u00e9chir \u00e0 la question du son int\u00e9rieur, mais \u00e9galement \u00e0 comment \u00e7a se met en sc\u00e8ne, \u00e0 travers les images.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Tout au long de ma carri\u00e8re, j\u2019ai eu l\u2019occasion d\u2019intervenir \u00e0 diff\u00e9rentes \u00e9tapes du processus de cr\u00e9ation d\u2019un film. Il m\u2019est arriv\u00e9 d\u2019intervenir alors que les images \u00e9taient d\u00e9j\u00e0 produites. \u00c0 ce moment-l\u00e0, j\u2019ai d\u00fb \u00ab faire avec \u00bb. Ce qui est compliqu\u00e9 dans ce cas, c&rsquo;est d\u2019\u00eatre coh\u00e9rent&nbsp;: comme il n&rsquo;y a pas de r\u00e9flexion en amont, il faut se d\u00e9brouiller avec ce qu&rsquo;on a et \u00eatre opportuniste. Finalement, c\u2019est assez formateur de devoir trouver des solutions pour r\u00e9ussir \u00e0 cr\u00e9er cette entr\u00e9e dans la perception corporelle d&rsquo;un personnage.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Dans <em>Le Cin\u00e9ma int\u00e9rieur<\/em>, Lionel Naccache explique qu&rsquo;un film dans lequel on suit un personnage, dans lequel on vit \u00e0 travers ses perceptions, c&rsquo;est la chose la plus proche de notre exp\u00e9rience en tant qu&rsquo;humains, puisqu&rsquo;on est sans arr\u00eat en train de diriger des images que l&rsquo;on recompose en fonction de nos capacit\u00e9s cognitives, forc\u00e9ment partielles. On est donc \u00e0 la fois acteurice et metteur\u00b7se en sc\u00e8ne du monde qui nous entoure. Je trouve \u00e7a int\u00e9ressant, parce que si on voit les choses comme \u00e7a, on parvient \u00e0 envisager une narration moins \u00e9litiste, dans laquelle le <em>storytelling <\/em>est moins important. Le film devient une exp\u00e9rience que l\u2019on re\u00e7oit, et pas seulement une histoire qu&rsquo;on nous raconte. Je trouve que c&rsquo;est plus d\u00e9mocratique comme langage&nbsp;: ce que l&rsquo;on re\u00e7oit ne d\u00e9pend plus seulement de la langue, de l&rsquo;histoire, de la culture cin\u00e9matographique&#8230; mais devient plus direct et accessible. \u00c7a, \u00e7a m&rsquo;int\u00e9resse vraiment. Le fait de passer par l&rsquo;exp\u00e9rience et de mettre les spectateurices dans une position de lecture plus subjective permet de cr\u00e9er un lien entre ce que vit le personnage et ce que les spectateurices ont elleux-m\u00eames d\u00e9j\u00e0 v\u00e9cu ou exp\u00e9riment\u00e9.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Pour en venir \u00e0 <em>Sound of Metal<\/em>, sans \u00eatre sourd\u00b7e, on a toustes d\u00e9j\u00e0 v\u00e9cu des moments o\u00f9 dans l&rsquo;eau, avec un oreiller sur la t\u00eate&#8230; on a d\u00e9j\u00e0 v\u00e9cu ce genre de sensation. Dans ce film, ces souvenirs-l\u00e0 trouvent une place pour resurgir. Du coup, il faut laisser de l&rsquo;espace au spectateur ou \u00e0 la spectatrice, pour qu&rsquo;il ou elle puisse r\u00e9fl\u00e9chir \u00e0 ces sensations qu&rsquo;il ou elle vient de recevoir et qui peuvent trouver une r\u00e9sonance avec des sensations d\u00e9j\u00e0 \u00e9prouv\u00e9es physiquement dans sa vie. Je trouve que c&rsquo;est vraiment non-\u00e9litiste comme d\u00e9marche. C&rsquo;est un peu une mani\u00e8re de montrer que le public participe \u00e0 la cr\u00e9ation de l&rsquo;\u0153uvre, avec un effet <em>feed back<\/em>, comme dans la cr\u00e9ation musicale indienne, o\u00f9 l&rsquo;on ne joue pas une \u0153uvre fixe, mais plut\u00f4t ce qui se produit sur le moment, dans une interaction continue entre ce qui est jou\u00e9 et ce que le public re\u00e7oit.<\/p>\n\n\n\n<h1 class=\"wp-block-heading has-vivid-red-color has-text-color has-link-color wp-elements-1bce31f15cfafe45e7fd10ff985717ee\" style=\"font-size:20px\"><strong>Comment avez-vous \u00e9tabli cette relation entre l&rsquo;\u0153uvre et les spectateurices dans <em>Sound of Metal ?<\/em><\/strong><\/h1>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Je vois un peu la relation au spectateur ou \u00e0 la spectatrice comme la p\u00eache&nbsp;: on lui donne un peu de mou et puis on tire pour l&rsquo;amener vers soi. Ce n\u2019est pas du tout par esprit de manipulation, mais plut\u00f4t pour que l&rsquo;aspect subjectif soit \u00e9quilibr\u00e9, pas trop fatigant.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Avant le tournage de <em>Sound of Metal<\/em>, on avait d\u00e9fini un vocabulaire sonore et on avait r\u00e9fl\u00e9chi \u00e0 comment l&rsquo;associer \u00e0 un vocabulaire visuel, pour all\u00e9ger au maximum la structure. Par exemple, au d\u00e9but du film, il y a deux fois la m\u00eame s\u00e9quence. Dans la seconde, les gros plans sont associ\u00e9s \u00e0 des sons \u00e9touff\u00e9s (NDLR la sc\u00e8ne du petit d\u00e9jeuner dans le van de Ruben et Lou). Cela permet de relier le gros plan \u00e0 l&rsquo;id\u00e9e de surdit\u00e9. Tout au long du film, il y a ensuite d&rsquo;autres gros plans qui ne sont pas forc\u00e9ment accompagn\u00e9s des effets de la surdit\u00e9, mais qui sont suivis par des gros plans sur l&rsquo;acteur Riz Ahmed. Tout de suite on comprend que, m\u00eame si on n\u2019entend pas le son de mani\u00e8re subjective, on sait qu&rsquo;on est \u00e0 la fois \u00e0 l&rsquo;int\u00e9rieur et \u00e0 l&rsquo;ext\u00e9rieur de la t\u00eate de Ruben. Le spectateur ou la spectratrice comprend le syst\u00e8me, ce qui all\u00e8ge beaucoup le vocabulaire et lui \u00e9vite d&rsquo;\u00eatre en permanence en train de rentrer ou de sortir dans la subjectivit\u00e9 du personnage (ce qui aurait \u00e9t\u00e9 beaucoup trop fatigant).<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Nous avons \u00e9galement voulu permettre \u00e0 l&rsquo;acteur de vivre lui-m\u00eame cette exp\u00e9rience de changement de perception en lui faisant porter des oreillettes pendant le tournage, qui pouvaient le couper du son environnant ou pas. Cette exp\u00e9rience a eu un impact r\u00e9el sur sa mani\u00e8re de bouger et de regarder ce qui l&rsquo;entoure, \u00e0 chercher des rep\u00e8res ou des informations visuelles.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Tout cela a influenc\u00e9 le montage et il faut souligner ce travail. Certaines sc\u00e8nes ont par exemple \u00e9t\u00e9 retir\u00e9es au montage car elles n&rsquo;\u00e9taient pas coh\u00e9rentes de mani\u00e8re sonore. La coh\u00e9rence sonore primait sur la coh\u00e9rence visuelle. Il y avait, par exemple, des s\u00e9quences dans le film, en particulier des champs-contrechamps, qui posaient des probl\u00e8mes de clart\u00e9 dans le langage cin\u00e9matographique et qui ont \u00e9t\u00e9 coup\u00e9es. C&rsquo;est tr\u00e8s rare de trouver un r\u00e9alisateur et un monteur capables de remettre en question une s\u00e9quence simplement \u00e0 cause d&rsquo;un manque de coh\u00e9rence entre le son et l&rsquo;image. Il est d\u00e9j\u00e0 rare qu&rsquo;un r\u00e9alisateur consid\u00e8re le son et l&rsquo;image comme un vocabulaire commun, comme des \u00e9l\u00e9ments tiss\u00e9s ensemble pour cr\u00e9er diff\u00e9rentes sensations\u2026 Mais Darius Marder, lui, avait r\u00e9fl\u00e9chi \u00e0 cette question bien en amont du film. Ilavait une r\u00e9flexion quasi-philosophique sur la surdit\u00e9, il a eu la capacit\u00e9 de ne pas se tromper sur le probl\u00e8me, ni sur la r\u00e9solution de ce probl\u00e8me.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Montrer la surdit\u00e9 d&rsquo;un personnage n\u2019\u00e9tait que la partie \u00e9merg\u00e9e de l\u2019iceberg. La v\u00e9ritable difficult\u00e9 r\u00e9sidait dans la pr\u00e9paration : tout ce qui se passait avant et apr\u00e8s l\u2019apparition de la surdit\u00e9 \u00e0 l\u2019\u00e9cran \u00e9tait tout aussi, voire plus, important. Il fallait la construire, l\u2019\u00e9quilibrer et la faire \u00e9voluer. Cela n\u00e9cessitait un travail collectif, \u00e7a aurait \u00e9t\u00e9 impossible \u00e0 r\u00e9aliser seul, tant au niveau du son que de l\u2019image.<\/p>\n\n\n\n<h1 class=\"wp-block-heading has-vivid-red-color has-text-color has-link-color wp-elements-5f79ab53e88acf9d98f27068c2483b56\" style=\"font-size:20px\"><strong>Comment avez-vous construit et fait exister la surdit\u00e9 dans le film ?<\/strong><\/h1>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Nous voulions une vision cin\u00e9matographique de la surdit\u00e9. Nous nous sommes rapidement orient\u00e9s vers des enregistrements corporels, afin de capter la r\u00e9sonance du corps et le son provenant de l&rsquo;int\u00e9rieur du corps. L&rsquo;objectif \u00e9tait de nous \u00e9loigner des effets habituellement associ\u00e9s \u00e0 la surdit\u00e9. Il n&rsquo;y a d&rsquo;ailleurs, dans <em>Sound of Metal<\/em>, pas d&rsquo;effets, \u00e0 l&rsquo;exception des voix et de l&rsquo;\u00e9coute \u00e0 travers les appareils auditifs. J&rsquo;ai, en revanche, utilis\u00e9 de nombreux micros, que j&rsquo;ai plac\u00e9s dans la bouche, sur le corps\u2026 pour enregistrer la r\u00e9sonance interne du corps du personnage.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">J&rsquo;ai toujours eu une approche exp\u00e9rimentale, une approche ph\u00e9nom\u00e9nologique. J&rsquo;ai toujours envie d&rsquo;aller \u00ab me baigner \u00bb dans le milieu, l&rsquo;environnement du film. C&rsquo;est d&rsquo;ailleurs souvent proche de l&rsquo;approche des r\u00e9alisateurices avec lesquel\u00b7les je travaille : ce m\u00e9lange entre documentaire et fiction. J&rsquo;ai besoin d&rsquo;aller chercher les choses dans le monde r\u00e9el, parce que l&rsquo;imagination n&rsquo;est finalement que la transformation du r\u00e9el.<\/p>\n\n\n\n<h1 class=\"wp-block-heading has-vivid-red-color has-text-color has-link-color wp-elements-3c0268b643e1d476be06b3c1dedce743\" style=\"font-size:20px\"><strong>Votre approche a-t-elle g\u00e9n\u00e9r\u00e9 des surprises et des d\u00e9couvertes pour <em>Sound of Metal ?<\/em><\/strong><\/h1>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">On a eu une v\u00e9ritable surprise concernant la transformation de l&rsquo;acteur lorsqu&rsquo;il portait ses oreillettes. C&rsquo;est incroyable comment la prise d&rsquo;information s\u2019est imm\u00e9diatement transform\u00e9e par cette coupure du son environnant. L\u2019acteur a tout de suite cherch\u00e9 des informations visuellement. Le langage du corps \u00e9tait compl\u00e8tement transform\u00e9. Il portait les oreillettes \u00e0 chaque moment-cl\u00e9. Il pouvait ainsi marquer les sensations, c&rsquo;est-\u00e0-dire que son exp\u00e9rience influen\u00e7ait directement son jeu. Cela lui permettait aussi d&rsquo;avoir une forme de rep\u00e8re pour revenir aux sensations physiques, d&rsquo;utiliser une m\u00e9moire&nbsp;physique, de faire un pas de c\u00f4t\u00e9 sur le&nbsp;jeu&nbsp;d&rsquo;acteur. On \u00e9tait presque dans le documentaire.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Comme je le disais, la quasi-int\u00e9gralit\u00e9 des r\u00e9alisateurices avec lesquel\u00b7les je travaille ont ce genre de d\u00e9marche, qui va \u00e0 la fois puiser dans le monde po\u00e9tique, fantastique, mais aussi dans le documentaire, dans l&rsquo;exp\u00e9rience (comme Philippe Parreno). Ces personnes proposent des \u00e9critures moins narratives, des univers de sensations, d\u2019exp\u00e9riences. Je collabore donc souvent avec des gens qui sont \u00e0 la fois tr\u00e8s proches du documentaire et d\u2019un langage po\u00e9tique, visuel tr\u00e8s fort (parfois m\u00eame conceptuel) comme Mati Diop ou Athina Rachel Tsangari qui ont cette d\u00e9marche, cet univers. Comme ce que d\u00e9crit G. Bachelard dans <em>La Po\u00e9tique de la r\u00eaverie,<\/em> quand on est entre la r\u00eaverie et la r\u00e9alit\u00e9.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Ce flottement entre monde po\u00e9tique et r\u00e9alit\u00e9 me pla\u00eet beaucoup parce qu&rsquo;il me permet d\u2019explorer les diversit\u00e9s et toutes sortes de capacit\u00e9s cognitives. Je me demande alors comment faire pour communiquer au plus grand nombre cette richesse, cette diversit\u00e9, ces mondes-l\u00e0.<\/p>\n\n\n\n<h1 class=\"wp-block-heading has-vivid-red-color has-text-color has-link-color wp-elements-a62e2b11190189be8184822182db444b\" style=\"font-size:20px\"><strong>Que retirez-vous de votre exp\u00e9rience sur <em>Sound of Metal ?<\/em><\/strong><\/h1>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">La dimension collective. S&rsquo;il y a bien un film qui m&rsquo;a appris ce qu&rsquo;\u00e9tait l&rsquo;intelligence collective, c&rsquo;est celui-l\u00e0. Il y a eu \u00e0 la fois de la rigueur dans les choix et l&rsquo;organisation, mais \u00e9galement une \u00e9norme ouverture sur tous les \u00e9l\u00e9ments du film (d\u00e9cors, costumes, maquillage&#8230;). Tout le monde a cherch\u00e9 \u00e0 trouver cet \u00e9quilibre, a particip\u00e9 \u00e0 cette recherche. C&rsquo;est cet effort collectif, cette ma\u00eetrise de toutes les informations que l&rsquo;on donnait aux spectateurices, qui a permis de ne pas trop avoir \u00e0&nbsp;raconter l&rsquo;histoire. J\u2019ai eu la libert\u00e9 de faire les choses intuitivement aussi, d\u2019essayer.<\/p>\n\n\n\n<h1 class=\"wp-block-heading has-vivid-red-color has-text-color has-link-color wp-elements-c6f9291d3642aaf5b7f1675d380d4df4\" style=\"font-size:20px\"><strong><em>Sound of Metal<\/em> semble enti\u00e8rement centr\u00e9 sur l\u2019exp\u00e9rience sensorielle de Ruben, sans c\u00e9der \u00e0 la tentation de la virtuosit\u00e9 gratuite. Tout para\u00eet juste et pr\u00e9cis\u2026<\/strong><\/h1>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Darius Marder \u00e9tait vraiment le garant de l&rsquo;int\u00e9grit\u00e9 du film. Il a \u00e9norm\u00e9ment r\u00e9fl\u00e9chi en amont du film sur la question de la surdit\u00e9. Pendant tout le tournage, il a continu\u00e9 \u00e0 pr\u00e9server la coh\u00e9rence du propos. Par exemple, la musique est rare dans ce film. Au d\u00e9but, il devait y en avoir plus. Le fr\u00e8re du r\u00e9alisateur avait pr\u00e9par\u00e9 pas mal de choses, on a fait des essais mais \u00e7a ne marchait pas, plus on avan\u00e7ait et moins \u00e7a marchait&nbsp;! Au fur et \u00e0 mesure, on a compris que la musique \u00e9tait de moins en moins n\u00e9cessaire. Il n\u2019y a ainsi que deux moments musicaux dans le film (NDLR au d\u00e9but du film avec les concerts du duo Ruben et Lou et \u00e0 la fin du film avec le chant de Lou et son p\u00e8re). La musique devient ainsi attach\u00e9e, ancr\u00e9e \u00e0 ce moment marquant o\u00f9 le personnage perd l&rsquo;audition, mais est \u00e9galement une r\u00e9miniscence de cet \u00e9v\u00e9nement, une m\u00e9moire du corps.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">On voulait aussi cr\u00e9er une exp\u00e9rience pour faire comprendre comment le personnage sourd per\u00e7oit le monde et \u00e9viter tout jugement sur la surdit\u00e9 \u2013 du genre \u00ab oh le pauvre, c&rsquo;est horrible \u00bb \u2013, c&rsquo;\u00e9tait important de ne pas montrer la surdit\u00e9 comme un blocage mais comme un \u00e9l\u00e9ment qui va l&rsquo;amener sur un nouveau chemin. Je construis moi aussi mon travail en fonction de mes incapacit\u00e9s (n&rsquo;ayant pas de comp\u00e9tences acad\u00e9miques en musique), mais \u00e9galement de ma sur-sensibilit\u00e9 sur d&rsquo;autres points. Quand on n&rsquo;a pas de connaissances th\u00e9oriques, on produit ses connaissances \u00e0 travers l&rsquo;exp\u00e9rience. Moi, j\u2019ai acquis mes connaissances gr\u00e2ce \u00e0 diff\u00e9rentes exp\u00e9riences tactiles, sonores, visuelles\u2026 Je comprends donc l\u2019importance de ce qui se d\u00e9ploie \u00e0 partir d\u2019une exp\u00e9rience sensible.<\/p>\n\n\n\n<h1 class=\"wp-block-heading has-vivid-red-color has-text-color has-link-color wp-elements-5f0e16131bdff5a5684d5c03b824f4ca\" style=\"font-size:20px\"><strong>Cette compr\u00e9hension vous a donc beaucoup servi pour ce film ?<\/strong><\/h1>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">J&rsquo;ai commenc\u00e9 ma carri\u00e8re comme bruiteur. J&rsquo;\u00e9tais donc en permanence en contact avec les objets. Quand on produit ses sons soi-m\u00eame, on produit un autre type de connaissance que quelqu&rsquo;un qui prend des sons dans une biblioth\u00e8que de sons. On se nourrit de la complexit\u00e9 des sons et on quitte le monde de la standardisation, on recr\u00e9e un lien intime avec l&rsquo;environnement sonore. J&rsquo;ai vraiment l&rsquo;impression que comme \u00e7a, on lutte contre l&rsquo;appauvrissement, contre le manque de curiosit\u00e9, qu\u2019on s&rsquo;ouvre sur la complexit\u00e9 du monde et des perceptions&#8230; \u00e7a va \u00e0 l\u2019encontre de la tendance actuelle \u00e0 avoir peur de tout.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Quand j&rsquo;ai travaill\u00e9 avec Mati Diop, j&rsquo;ai aim\u00e9 travailler et r\u00e9fl\u00e9chir sur moi, comprendre d&rsquo;o\u00f9 je me pla\u00e7ais. Gilles Deleuze<a href=\"#_ftn2\" id=\"_ftnref2\">[2]<\/a> dit qu\u2019il ne faut pas parler \u00e0 la place des autres. Cette r\u00e9flexion m&rsquo;int\u00e9resse et a \u00e9t\u00e9 une r\u00e9v\u00e9lation pour moi. Je trouve que le principe de positionnement est tr\u00e8s important. Il faut savoir \u00eatre au bon endroit. Je trouve \u00e7a int\u00e9ressant de faire ce travail pour l&rsquo;accepter et travailler \u00e0 l&rsquo;ouverture. Dans le cas de <em>Sound of Metal<\/em>, il fallait se trouver une place entre sourd\u00b7es et entendant\u00b7es, j&rsquo;ai d\u00fb cr\u00e9er quelque chose tout en sachant d&rsquo;o\u00f9 je me pla\u00e7ais pour travailler&nbsp;: je ne suis pas sourd, je ne connais pas le monde de la surdit\u00e9.<\/p>\n\n\n\n<h1 class=\"wp-block-heading has-vivid-red-color has-text-color has-link-color wp-elements-f8123a851270416cd52a7c8192255967\" style=\"font-size:20px\"><strong>Dans \u00ab La t\u00e2che du traducteur \u00bb, Walter Benjamin<a href=\"#_ftn3\" id=\"_ftnref3\">[3]<\/a> parle de cela. Il \u00e9met l\u2019hypoth\u00e8se que la traduction ne doit pas seulement viser la fid\u00e9lit\u00e9 au texte, mais aussi pr\u00e9server et r\u00e9v\u00e9ler l\u2019\u00e9tranget\u00e9 de la rencontre avec le texte original.<\/strong><\/h1>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Exactement, c&rsquo;est important de ne pas enlever l&rsquo;\u00e9tranget\u00e9 de notre rencontre avec une autre culture, de ne pas la cacher. En revanche, il faut \u00e9galement faire attention \u00e0 ne pas surench\u00e9rir. J&rsquo;aime cet exercice d\u2019\u00e9quilibre, ce travail sur le langage, sur sa forme \u00e9volutive.<\/p>\n\n\n\n<h1 class=\"wp-block-heading has-vivid-red-color has-text-color has-link-color wp-elements-66ec695a7737cb472a5b161b8dd6307c\" style=\"font-size:20px\"><strong>Justement, comment trouver l&rsquo;\u00e9quilibre ?<\/strong><\/h1>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Pour cela il faut accompagner le spectateur ou la spectatrice au lieu de l\u2019aborder de mani\u00e8re frontale. Le travail de pr\u00e9paration est important. Toutes les sc\u00e8nes du d\u00e9but de <em>Sound of Metal<\/em> ont justement \u00e9t\u00e9 cr\u00e9\u00e9es et mont\u00e9es pour accompagner le spectateur ou la spectatrice et l&rsquo;amener ensuite vers une exp\u00e9rience. C&rsquo;est ce travail qui nous permet de l\u2019emmener le plus loin possible, de construire un langage qu\u2019il ou elle va comprendre&#8230; Cet exercice est tr\u00e8s difficile&nbsp;: un film n&rsquo;est pas la somme d&rsquo;instants\u00ab t \u00bb. Il y a une dur\u00e9e qui doit construire une exp\u00e9rience. Il faut trouver comment on rentre dans le film, comment le spectateur ou la spectatrice va faire son chemin dans le film, pour ensuite pouvoir \u00e9purer au maximum, affiner. On s\u2019est appuy\u00e9 sur une vraie compl\u00e9mentarit\u00e9 entre son et images&nbsp;: une sorte de troisi\u00e8me image qui \u00e9tait la somme de ce que je vois et de ce que j&rsquo;\u00e9coute.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Pour r\u00e9ussir \u00e0 \u00eatre efficace, pour se faire comprendre, l&rsquo;exp\u00e9rience est importante. Je me nourris par exemple de l\u2019exp\u00e9rience que je peux acqu\u00e9rir gr\u00e2ce \u00e0 mes autres activit\u00e9s&nbsp;: la cr\u00e9ation musicale, la participation \u00e0 des \u0153uvres expos\u00e9es qui sont soumises \u00e0 des questions de temporalit\u00e9 diff\u00e9rentes du cin\u00e9ma. Ce travail me permet de d\u00e9velopper des strat\u00e9gies de l&rsquo;attention, et tout cela nourrit mon travail en dehors.<\/p>\n\n\n\n<h1 class=\"wp-block-heading has-vivid-red-color has-text-color has-link-color wp-elements-fd562af16c6f91620a09eb0b11ac2662\" style=\"font-size:20px\"><strong>Avez-vous particip\u00e9 \u00e0 la r\u00e9flexion autour des sous-titres dans <em>Sound of Metal<\/em>&nbsp;?<\/strong><\/h1>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">J&rsquo;avais travaill\u00e9 sur <em>A Prayer Before Dawn <\/em>(Jean-St\u00e9phane Sauvaire, 2017), qui est l&rsquo;histoire d&rsquo;un boxeur anglais enferm\u00e9 dans une prison tha\u00eflandaise. Au d\u00e9but du film, il n&rsquo;y a ni traduction, ni sous-titrage. C&rsquo;est seulement quand le personnage apprend le tha\u00eflandais que les sous-titres arrivent. Le sous-titrage devient, dans ce film, un outil de mise en sc\u00e8ne. J&rsquo;en ai parl\u00e9 au r\u00e9alisateur, et il a utilis\u00e9 cette technique pour les sc\u00e8nes de discussion en langue des signes. \u00c7a a la double fonction de nous mettre \u00e0 la place de Ruben qui ne comprend pas cette langue au d\u00e9but, mais \u00e9galement de mettre le spectateur ou la spectatrice entendant\u00b7e en situation de handicap : les sourd\u00b7es qui voient ces sc\u00e8nes, elleux, comprennent ce qu&rsquo;il se passe. Il y a une forme de renversement de situation, de malice m\u00eame.<\/p>\n\n\n\n<h1 class=\"wp-block-heading has-vivid-red-color has-text-color has-link-color wp-elements-0d63c9eddbf4587f017a9d0968021939\" style=\"font-size:20px\"><strong>Dans <em>Sound of Metal<\/em>, de nombreuses sc\u00e8nes ne comportent ni parole vocale, ni musique. Comment avez-vous travaill\u00e9 le silence, sous ses diff\u00e9rentes formes ?<\/strong><\/h1>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Au d\u00e9but de notre collaboration, j&rsquo;avais emmen\u00e9 Darius Marder pendant quinze minutes dans une chambre an\u00e9cho\u00efque de l&rsquo;Institut de recherche et coordination acoustique\/musique (Ircam) \u00e0 Paris, une pi\u00e8ce dans laquelle tous les sons sont absorb\u00e9s, pour lui faire prendre conscience que le silence n&rsquo;existe jamais r\u00e9ellement. Effectivement, il a compris que m\u00eame dans cette chambre on entend des sons&nbsp;: ceux produits par son propre corps. Le silence est donc tr\u00e8s relatif. Dans <em>Sound of Metal<\/em>, on entend une mouche pendant que Ruben est dans la pi\u00e8ce dans laquelle il \u00e9crit. Pour que le spectateur ou la spectatrice prenne conscience du silence qui r\u00e8gne dans cette pi\u00e8ce, il fallait en fait qu&rsquo;il y ait ce bruit.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">J\u2019ai aussi une anecdote : la derni\u00e8re sc\u00e8ne du film avait \u00e9t\u00e9 pens\u00e9e comme le morceau <em>4\u203233\u2033<\/em> de John Cage. L&rsquo;absence de son devait r\u00e9v\u00e9ler le bruit environnant de la salle, le film se r\u00e9enracinait alors dans le r\u00e9el. Mais ce film qui devait sortir en salles est finalement sorti sur plateformes \u00e0 cause de la pand\u00e9mie. Au lieu d&rsquo;avoir une exp\u00e9rience collective, en salles, les gens qui l&rsquo;ont vu chez eux, souvent au casque, ont v\u00e9cu le film de mani\u00e8re intime. Ils et elles ont ainsi eu une exp\u00e9rience de cette sc\u00e8ne totalement diff\u00e9rente, un vrai silence. C&rsquo;est assez amusant.<\/p>\n\n\n\n<hr class=\"wp-block-separator has-alpha-channel-opacity\"\/>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><a href=\"#_ftnref1\" id=\"_ftn1\">[1]<\/a> <em>Le Pianiste<\/em> (Roman Polanski, 2002), <em>127 heures <\/em>(Danny Boyle, 2010), <em>Gravity <\/em>(Alfonso Cuaron, 2013).<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><a href=\"#_ftnref2\" id=\"_ftn2\">[2]<\/a> Gilles Deleuze,&nbsp;<em>Pourparlers (1972\u20131990)<\/em>, \u00c9ditions de Minuit, 1990. Page 171, chapitre \u00ab M\u00e9diateurs \u00bb. Deleuze y critique l\u2019id\u00e9e de \u00ab parler pour \u00bb les autres.&nbsp;\u00ab&nbsp;Parler, m\u00eame quand on parle de soi, c&rsquo;est toujours prendre la place de quelqu&rsquo;un&#8230;&nbsp;\u00bb<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><a href=\"#_ftnref3\" id=\"_ftn3\">[3]<\/a> Walter Benjamin, \u00ab La t\u00e2che du traducteur \u00bb, <em>\u0152uvres I<\/em>, Gallimard, Paris, 2000.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Une conversation avec Nicolas Becker \u00e0 propos de son travail sur le son du film <i>Sound of Metal<\/i>.<\/p>\n","protected":false},"author":3,"featured_media":0,"comment_status":"closed","ping_status":"closed","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"_exactmetrics_skip_tracking":false,"_exactmetrics_sitenote_active":false,"_exactmetrics_sitenote_note":"","_exactmetrics_sitenote_category":0,"_jetpack_newsletter_access":"","_jetpack_dont_email_post_to_subs":false,"_jetpack_newsletter_tier_id":0,"_jetpack_memberships_contains_paywalled_content":false,"_jetpack_memberships_contains_paid_content":false,"footnotes":""},"categories":[307],"tags":[],"class_list":["post-8270","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-disability-studies"],"jetpack_featured_media_url":"","jetpack_shortlink":"https:\/\/wp.me\/s9TfUI-becker","jetpack_sharing_enabled":true,"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/imagessecondes.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/8270","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/imagessecondes.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/imagessecondes.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/imagessecondes.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/users\/3"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/imagessecondes.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=8270"}],"version-history":[{"count":23,"href":"https:\/\/imagessecondes.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/8270\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":8642,"href":"https:\/\/imagessecondes.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/8270\/revisions\/8642"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/imagessecondes.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=8270"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/imagessecondes.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=8270"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/imagessecondes.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=8270"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}