{"id":4809,"date":"2022-02-16T08:30:52","date_gmt":"2022-02-16T07:30:52","guid":{"rendered":"http:\/\/imagessecondes.fr\/?p=4809"},"modified":"2024-01-17T11:03:18","modified_gmt":"2024-01-17T10:03:18","slug":"papillon","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/imagessecondes.fr\/index.php\/2022\/02\/papillon\/","title":{"rendered":"\u0152il pour \u0153il"},"content":{"rendered":"\n<h3 class=\"wp-block-heading\" id=\"ariane-papillon\">Ariane Papillon<\/h3>\n\n\n\n<h3 class=\"wp-block-heading\" id=\"oeil-pour-oeil\"><strong>\u0152il pour \u0153il<\/strong><\/h3>\n\n\n\n<p><strong>R\u00e9sum\u00e9<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p><em>\u0152il pour \u0153il <\/em>est un essai vid\u00e9o de vingt-cinq minutes proposant une r\u00e9flexion sur l\u2019utilisation cin\u00e9matographique d\u2019images de vid\u00e9o-surveillance, en particulier lorsqu\u2019elles rencontrent, au montage, des images qui renvoient \u00e0 ce que je qualifie de \u00ab&nbsp;r\u00e9gime amateur&nbsp;\u00bb. L\u2019essai interroge les mani\u00e8res dont le cin\u00e9ma permet de penser ces deux types d\u2019images et met en question l\u2019id\u00e9e selon laquelle leur mise en relation serait forc\u00e9ment de l\u2019ordre de l\u2019opposition.&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p><strong>Mots-cl\u00e9s<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>amateur, surveillance, montage, images op\u00e9ratoires, contre-visualit\u00e9,&nbsp; documentaire<\/p>\n\n\n\n<p><strong>R\u00e9f\u00e9rence \u00e9lectronique pour citer cet article<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>Ariane Papillon, \u00ab&nbsp;\u0152il pour \u0153il&nbsp;\u00bb, <em>Images secondes<\/em> [En ligne], 03&nbsp;|&nbsp;2022, mis en ligne le 16 f\u00e9vrier 2022, URL&nbsp;: <a href=\"http:\/\/imagessecondes.fr\/index.php\/2022\/02\/16\/papillon\/\">http:\/\/imagessecondes.fr\/index.php\/2022\/02\/16\/papillon\/<\/a><\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-text-color\" style=\"color:#ff5d39\"><a rel=\"noreferrer noopener\" href=\"http:\/\/imagessecondes.fr\/wp-content\/uploads\/2022\/02\/IS3-Papillon-Oeil-pour-oeil.pdf\" target=\"_blank\"><strong>\u2261 Version pdf \u00e0 t\u00e9l\u00e9charger<\/strong><\/a><\/p>\n\n\n\n<h5 class=\"wp-block-heading\"><\/h5>\n\n\n\n<figure class=\"wp-block-embed aligncenter is-type-video is-provider-vimeo wp-block-embed-vimeo wp-embed-aspect-16-9 wp-has-aspect-ratio\"><div class=\"wp-block-embed__wrapper\">\n<div class=\"jetpack-video-wrapper\"><iframe title=\"\u0152il pour \u0153il - un vid\u00e9o-essai d&#039;Ariane Papillon\" src=\"https:\/\/player.vimeo.com\/video\/666172695?dnt=1&amp;app_id=122963\" width=\"640\" height=\"346\" frameborder=\"0\" allow=\"autoplay; fullscreen; picture-in-picture; clipboard-write\"><\/iframe><\/div>\n<\/div><figcaption><strong>Lien de visionnage :<\/strong> <a rel=\"noreferrer noopener\" href=\"https:\/\/vimeo.com\/666172695\" target=\"_blank\">https:\/\/vimeo.com\/666172695<\/a><\/figcaption><\/figure>\n\n\n\n<hr class=\"wp-block-separator is-style-wide\"\/>\n\n\n\n<h5 class=\"wp-block-heading\" id=\"methodologie\"><strong>M\u00e9thodologie<\/strong><\/h5>\n\n\n\n<p>Ce travail d\u2019analyse est perform\u00e9 par le biais d\u2019une voix-off qui accompagne le spectateur ou la spectatrice dans la d\u00e9couverte d\u2019extraits d\u2019un corpus de films r\u00e9cents utilisant des images de vid\u00e9o-surveillance, et en particulier deux films, <em>Selfie <\/em>d\u2019Agostino Ferrente (2019) et <em>Les Sauteurs <\/em>de Moritz Siebert, Estephan Wagner et Aboubakar Sidib\u00e9 (2016). La voix-off retrace en l\u2019actualisant un travail de recherche qui croise diff\u00e9rentes approches. En effet, le texte que l\u2019on entend mobilise aussi bien les outils de l\u2019analyse filmique et de l\u2019esth\u00e9tique que des \u00e9l\u00e9ments d\u2019investigation sur les processus de fabrication des films, en s\u2019appuyant notamment sur des entretiens : un morceau d\u2019enregistrement audio d\u2019une discussion avec Estephan Wagner est par exemple int\u00e9gr\u00e9 \u00e0 la bande sonore. L\u2019essai convoque \u00e9galement des r\u00e9f\u00e9rences \u00e0 d\u2019autres films, d\u2019autres types d\u2019images, ainsi qu\u2019\u00e0 des \u00e9crits th\u00e9oriques. Enfin, je fais appel \u00e0 une exp\u00e9rience personnelle de mise en sc\u00e8ne en pr\u00e9sentant deux courts-m\u00e9trages qui d\u00e9clinent par la fiction une r\u00e9flexion sur les deux types d\u2019images qui font l\u2019objet de cet essai. <em>L\u2019\u00c9trang\u00e8re <\/em>(2020)<em> <\/em>m\u00eale en effet des images film\u00e9es par les personnages et des images de vid\u00e9o-surveillance dans le cadre d\u2019un r\u00e9cit d\u2019anticipation qui pousse \u00e0 son paroxysme l\u2019obsession de l\u2019hyper-visibilit\u00e9 dans un monde sans angle mort. <em>Register Only <\/em>(2019)<em> <\/em>hybride la cam\u00e9ra de surveillance et la cam\u00e9ra amateur en mettant en sc\u00e8ne un personnage qui installe une cam\u00e9ra cach\u00e9e dans une chambre d\u2019h\u00f4tel et monnaye les images \u00e0 caract\u00e8re pornographiques ainsi produites.&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p>C\u2019est donc en faisant appel aux m\u00e9thodes de la recherche-cr\u00e9ation que j\u2019ai con\u00e7u <em>\u0152il pour \u0153il,<\/em> en pensant ensemble diff\u00e9rents enjeux de mise en sc\u00e8ne, tant du point de vue des intentions et de la fabrication que de la r\u00e9ception. La voix-off permet de fluidifier la circulation entre ces enjeux et leur transmission. Le montage vid\u00e9o met au travail diff\u00e9rents mat\u00e9riaux sonores et visuels et propose aux spectateurs et spectatrices de s\u2019appuyer sur des images pour suivre un raisonnement fond\u00e9 sur l\u2019\u00e9tude et la fabrication d\u2019images. Cette m\u00e9thode place la pens\u00e9e des images de cin\u00e9ma au c\u0153ur d\u2019une approche plus large, consid\u00e9rant qu\u2019il est pertinent de \u00ab&nbsp;se servir du cin\u00e9ma pour questionner les autres images \u2013 et vice versa&nbsp;\u00bb, pour reprendre l\u2019expression de Serge Daney<span id='easy-footnote-1-4809' class='easy-footnote-margin-adjust'><\/span><span class='easy-footnote'><a href='https:\/\/imagessecondes.fr\/index.php\/2022\/02\/papillon\/#easy-footnote-bottom-1-4809' title='Serge Daney,&lt;em&gt; La Maison cin\u00e9ma et le monde&lt;\/em&gt;, t. 4, Paris, P.O.L., 2015, p. 23.'><sup>1<\/sup><\/a><\/span>. En outre, les split-screens permettent d\u2019expliciter formellement une recherche qui s\u2019attache justement \u00e0 penser la juxtaposition. Aussi, je prolonge les gestes des cin\u00e9astes qui offrent une exp\u00e9rience cin\u00e9matographique fond\u00e9e sur le montage et parfois sur le remploi d\u2019images h\u00e9t\u00e9roclites, en superposant ou faisant s\u2019encha\u00eener des extraits de films, des extraits de mes courts-m\u00e9trages ou encore des images issues d\u2019Internet. Certains extraits sont des enregistrements d\u2019\u00e9cran, et apparaissent des morceaux d\u2019interface de visionnage (notamment YouTube et Vim\u00e9o), ce qui me permet \u00e0 la fois de l\u00e9gender les extraits, mais aussi de rendre visible le contexte dans lequel je les ai vus, tout en repla\u00e7ant ces mat\u00e9riaux dans le processus d\u2019une collecte et d\u2019une recherche effectu\u00e9es principalement \u00e0 travers un ordinateur. L\u2019argumentaire est alors perform\u00e9<span id='easy-footnote-2-4809' class='easy-footnote-margin-adjust'><\/span><span class='easy-footnote'><a href='https:\/\/imagessecondes.fr\/index.php\/2022\/02\/papillon\/#easy-footnote-bottom-2-4809' title='Sur la question de l\u2019essai vid\u00e9o comme \u00ab&amp;nbsp;recherche performative&amp;nbsp;\u00bb voir Catherine Grant, \u00ab&amp;nbsp;The audiovisual essay as performative research&amp;nbsp;\u00bb, &lt;em&gt;Necsus&lt;\/em&gt;, d\u00e9cembre 2016.&amp;nbsp; URL : &lt;a href=&quot;https:\/\/necsus-ejms.org\/the-audiovisual-essay-as-performative-research\/&quot;&gt;https:\/\/necsus-ejms.org\/the-audiovisual-essay-as-performative-research\/&lt;\/a&gt;.'><sup>2<\/sup><\/a><\/span> aussi bien par la voix que par l\u2019encha\u00eenement et la juxtaposition des extraits, qui reviennent parfois plusieurs fois pour \u00eatre questionn\u00e9s diff\u00e9remment.<\/p>\n\n\n\n<p>D\u2019abord, l\u2019essai vid\u00e9o pr\u00e9sente les deux r\u00e9gimes d\u2019images dont il sera question \u00e0 travers leur pr\u00e9sence au sein du film <em>Les Sauteurs. <\/em>Je qualifie d\u2019amateur cette esth\u00e9tique en utilisant notamment le terme <em>bodymages <\/em>invent\u00e9 par la chercheuse Ulrike Lune Riboni<em> <\/em>pour d\u00e9signer les vid\u00e9os r\u00e9alis\u00e9es pendant le soul\u00e8vement populaire tunisien en 2011. Le terme, forme contract\u00e9e des mots anglais <em>body<\/em> et <em>images<\/em>, d\u00e9signe en effet des \u00ab&nbsp;images-corps&nbsp;\u00bb \u00ab o\u00f9 le trembl\u00e9 s\u2019apparente \u00e0 une palpitation&nbsp;\u00bb<span id='easy-footnote-3-4809' class='easy-footnote-margin-adjust'><\/span><span class='easy-footnote'><a href='https:\/\/imagessecondes.fr\/index.php\/2022\/02\/papillon\/#easy-footnote-bottom-3-4809' title='Ulrike Lune Riboni, \u00ab&amp;nbsp;&lt;em&gt;Juste un peu de vid\u00e9o&amp;nbsp;\u00bb&amp;nbsp;: la vid\u00e9o partag\u00e9e comme langage vernaculaire de la contestation. Tunisie 2008-2014, &lt;\/em&gt;Th\u00e8se de doctorat, Universit\u00e9 Paris-8-Vincennes-Saint-Denis, 2016, p. 261.&amp;nbsp;'><sup>3<\/sup><\/a><\/span>. Pour la chercheuse, ces plans impliquent l\u2019impossibilit\u00e9 \u00ab d\u2019oublier que quelqu\u2019un est l\u00e0 et tient l\u2019appareil, si le plan tremble, c\u2019est un corps qui tremble, si l\u2019appareil semble tomber, c\u2019est un corps qui s\u2019\u00e9croule&nbsp;\u00bb<span id='easy-footnote-4-4809' class='easy-footnote-margin-adjust'><\/span><span class='easy-footnote'><a href='https:\/\/imagessecondes.fr\/index.php\/2022\/02\/papillon\/#easy-footnote-bottom-4-4809' title='&lt;em&gt;Ibid&lt;\/em&gt;., p. 261.'><sup>4<\/sup><\/a><\/span>. Le terme \u00ab&nbsp;amateur&nbsp;\u00bb, qui s\u2019oppose \u00e0 \u00ab&nbsp;professionnel&nbsp;\u00bb, qualifie les faiseurs d\u2019images. Pourtant, je propose de le penser \u00e0 partir d\u2019une esth\u00e9tique et notamment par la notion de <em>point de vue. <\/em>En effet, dans <em>Les Sauteurs <\/em>comme dans <em>Selfie, <\/em>il est impossible \u00ab&nbsp;d\u2019oublier que quelqu\u2019un est l\u00e0 et tient l\u2019appareil&nbsp;\u00bb puisque c\u2019est justement <em>parce que ce sont les protagonistes qui filment <\/em>que les images prennent sens. Le caract\u00e8re \u00ab&nbsp;imparfait&nbsp;\u00bb des images, leur trembl\u00e9 caract\u00e9ristique, participe de ce qui se noue entre les spectateurs et spectatrices et les personnages-filmeurs. J\u2019utilise le terme d\u2019\u00ab&nbsp;images amateur&nbsp;\u00bb en r\u00e9f\u00e9rence \u00e0 ce qui, justement, les oppose aux images de surveillance. Il s\u2019agit ici de leur place sur la sc\u00e8ne (conflictuelle) du visible&nbsp;: les images amateur sont mobilis\u00e9es contre le pouvoir, contre les institutions coercitives qui poss\u00e8dent leurs propres syst\u00e8mes de fabrication d\u2019images (l\u2019\u00c9tat \u00e0 travers sa police \u2013 c\u2019est le cas pr\u00e9cis\u00e9ment pour <em>Selfie <\/em>et <em>Les Sauteurs : <\/em>pour le premier, le r\u00e9cit s\u2019articule autour d\u2019un \u00e9v\u00e9nement tragique, le meurtre du jeune Davide Bifolco, tu\u00e9 par un policier ; pour le second, il est question de la r\u00e9pression subie par les personnes exil\u00e9es traqu\u00e9es et battues \u00e0 la fronti\u00e8re espagnole). C\u2019est ce que Steve Mann et d\u2019autres apr\u00e8s lui nomment la \u00ab&nbsp;sousveillance&nbsp;\u00bb, une pratique de production d\u2019images citoyenne<span id='easy-footnote-5-4809' class='easy-footnote-margin-adjust'><\/span><span class='easy-footnote'><a href='https:\/\/imagessecondes.fr\/index.php\/2022\/02\/papillon\/#easy-footnote-bottom-5-4809' title='Steve Mann, Jason Nolan, Bary Welmann, \u00ab&amp;nbsp;Sousveillance: inventing and using wearable computing devices for Data collection in Surveillance environments&amp;nbsp;\u00bb&lt;em&gt;, Surveillance and Society, &lt;\/em&gt;vol 1, n\u00b03, 2005, pp. 331-355.'><sup>5<\/sup><\/a><\/span>. C\u2019est \u00e0 l\u2019aune de ce qu\u2019Emmanuel Alloa nomme \u00ab&nbsp;la nouvelle guerre du storytelling&nbsp;\u00bb<span id='easy-footnote-6-4809' class='easy-footnote-margin-adjust'><\/span><span class='easy-footnote'><a href='https:\/\/imagessecondes.fr\/index.php\/2022\/02\/papillon\/#easy-footnote-bottom-6-4809' title='Emmanuel Alloa, \u00ab&amp;nbsp;La transparence dans le viseur am\u00e9ricain&amp;nbsp;\u00bb, &lt;em&gt;Lib\u00e9ration&lt;\/em&gt;, 30 d\u00e9cembre 2014.'><sup>6<\/sup><\/a><\/span> que je propose de penser les deux types d\u2019images, c\u2019est-\u00e0-dire que je les pense l\u2019un par rapport \u00e0 l\u2019autre, l\u2019un en fonction de l\u2019autre.<\/p>\n\n\n\n<p>C\u2019est d\u2019abord \u00e0 partir d\u2019une rh\u00e9torique du conflit que je propose d\u2019analyser ces images et leur rencontre au cin\u00e9ma. D\u2019abord, je rappelle que l\u2019image de surveillance, en tant qu\u2019\u00ab&nbsp;image op\u00e9ratoire&nbsp;\u00bb<span id='easy-footnote-7-4809' class='easy-footnote-margin-adjust'><\/span><span class='easy-footnote'><a href='https:\/\/imagessecondes.fr\/index.php\/2022\/02\/papillon\/#easy-footnote-bottom-7-4809' title='C\u2019est le terme employ\u00e9 par Harun Farocki et qu\u2019il \u00e9tudie \u00e0 travers ses films, notamment&lt;em&gt; Images du monde et inscription de la guerre &lt;\/em&gt;(1989) et&lt;em&gt; Auge\/Maschine&lt;\/em&gt; (2001)&lt;em&gt;. &lt;\/em&gt;Voir \u00e9galement le texte \u00ab&amp;nbsp;La guerre trouve toujours une issue&amp;nbsp;\u00bb,&lt;em&gt; &lt;\/em&gt;HF\/RG, catalogue d\u2019exposition, \u00e9d. Black Jack\/Galerie nationale du Jeu de paume, 2009, publi\u00e9 en 2005 dans &lt;em&gt;Cin\u00e9ma magazine &lt;\/em&gt;sous le titre \u00ab&amp;nbsp;La guerre trouve toujours un moyen&amp;nbsp;\u00bb.'><sup>7<\/sup><\/a><\/span>, sert des op\u00e9rations techniques et politiques qui outrepassent leur fonction repr\u00e9sentative. Les images amateur peuvent donc \u00eatre vues comme un contre-pouvoir exerc\u00e9 par une visibilit\u00e9 dissensuelle. La juxtaposition des images de surveillance et des images film\u00e9es par Aboubakar Sidib\u00e9 ou Alessandro et Pietro, les protagonistes de <em>Selfie, <\/em>permet de mettre en valeur leurs radicales diff\u00e9rences esth\u00e9tiques&nbsp;que je r\u00e9sume par la formule suivante : \u00ab&nbsp;l\u2019humain contre la machine&nbsp;\u00bb. Aussi, dans une premi\u00e8re lecture, je montre comment la rencontre de ces deux types d\u2019image permet de re-jouer au cin\u00e9ma une conflictualit\u00e9 qui existe ailleurs, notamment dans le contexte des mobilisations citoyennes exhortant \u00e0 utiliser la vid\u00e9o comme outil de lutte<span id='easy-footnote-8-4809' class='easy-footnote-margin-adjust'><\/span><span class='easy-footnote'><a href='https:\/\/imagessecondes.fr\/index.php\/2022\/02\/papillon\/#easy-footnote-bottom-8-4809' title='Voir \u00e0 ce propos les travaux d\u2019Andr\u00e9 Gunthert, notamment les textes publi\u00e9s sur son blog &lt;em&gt;Imagesociale&lt;\/em&gt; (&lt;a href=&quot;https:\/\/imagesociale.fr\/&quot;&gt;https:\/\/imagesociale.fr\/&lt;\/a&gt;) ou publi\u00e9s dans &lt;em&gt;L\u2019Image conversationnelle&amp;nbsp;: l&amp;rsquo;image partag\u00e9e, la photographie num\u00e9rique&lt;\/em&gt;, Paris, Textuel, 2015.&amp;nbsp;Voir aussi ceux d\u2019Alain Bertho (notamment \u00ab&amp;nbsp;\u00c9nonc\u00e9s visuels des mobilisations : Autoportraits des peuples&amp;nbsp;\u00bb, &lt;em&gt;Anthropologie et Soci\u00e9t\u00e9s&lt;\/em&gt;, vol. 40, n\u00b01, 2016, pp. 31-50), ou encore de Dork Zabunyan, &lt;em&gt;L&amp;rsquo;Insistance des luttes&amp;nbsp;: images, soul\u00e8vements, contre-r\u00e9volutions&lt;\/em&gt;, Paris, De L&amp;rsquo;incidence, 2016.'><sup>8<\/sup><\/a><\/span>.&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p>Dans un second temps, je montre comment le cin\u00e9ma permet justement de d\u00e9placer ces images sur la sc\u00e8ne du visible : d\u2019abord, en les sortant de leur contexte, elles changent de r\u00e9gime attentionnel<span id='easy-footnote-9-4809' class='easy-footnote-margin-adjust'><\/span><span class='easy-footnote'><a href='https:\/\/imagessecondes.fr\/index.php\/2022\/02\/papillon\/#easy-footnote-bottom-9-4809' title='Voir Yves Citton, &lt;em&gt;Pour une \u00e9cologie de l&amp;rsquo;attention&lt;\/em&gt;, Paris, Seuil, 2014, et Francesco Casetti, &lt;em&gt;The Lumi\u00e8re Galaxy: seven key words for the cinema to come&lt;\/em&gt;, New York, Columbia University Press, 2015.'><sup>9<\/sup><\/a><\/span>; ensuite, la confrontation avec les images dites \u00ab&nbsp;amateur&nbsp;\u00bb permet de porter un autre regard sur elles. Ce d\u00e9tournement ou \u00ab&nbsp;retournement&nbsp;\u00bb r\u00e9pondrait au v\u0153u formul\u00e9 par Gilles Deleuze lorsqu\u2019il \u00e9crit qu\u2019il importe d\u2019\u00ab&nbsp;aller au c\u0153ur de la confrontation, [en se demandant] si le contr\u00f4le ne peut pas \u00eatre <em>retourn\u00e9<\/em>, mis au service de la fonction suppl\u00e9mentaire [c\u2019est-\u00e0-dire&nbsp;esth\u00e9tique] qui s\u2019oppose au pouvoir&nbsp;\u00bb<span id='easy-footnote-10-4809' class='easy-footnote-margin-adjust'><\/span><span class='easy-footnote'><a href='https:\/\/imagessecondes.fr\/index.php\/2022\/02\/papillon\/#easy-footnote-bottom-10-4809' title='\u00ab Lettre \u00e0 Serge Daney : optimisme, pessimisme et voyage \u00bb,&amp;nbsp;cit\u00e9 par Dork Zabunyan, \u00ab&amp;nbsp;Le cin\u00e9ma comme art du contr\u00f4le&amp;nbsp;: strat\u00e9gies de retournement&amp;nbsp;\u00bb, dans Anne Querrien, Anne Sauvagnargues et Arnaud Villani (dir.), &lt;em&gt;Agencer les multiplicit\u00e9s avec Deleuze&lt;\/em&gt;, Paris, Hermann, 2019.'><sup>10<\/sup><\/a><\/span>. Ce \u00ab&nbsp;retournement de l\u2019ennemi sur son propre terrain&nbsp;\u00bb utilise ses images (m\u00eame si elles sont feintes, dans le cas de <em>Selfie<\/em>) pour les \u00e9clairer d\u2019un nouveau jour gr\u00e2ce aux images film\u00e9es par les m\u00eames corps qui sont contr\u00f4l\u00e9s par les cam\u00e9ras de surveillance. Elles ne sont alors plus seulement mises au service d\u2019op\u00e9rations de r\u00e9pression mais servent plut\u00f4t la \u00ab&nbsp;fonction suppl\u00e9mentaire&nbsp;\u00bb gr\u00e2ce \u00e0 ce syst\u00e8me de dialectique des images que j\u2019ai cherch\u00e9 \u00e0 d\u00e9crire dans l\u2019essai vid\u00e9o.<\/p>\n\n\n\n<p>Dans un troisi\u00e8me temps, je d\u00e9veloppe l\u2019hypoth\u00e8se principale de mon essai, qui nuance l\u2019id\u00e9e selon laquelle le cin\u00e9ma permettrait de r\u00e9v\u00e9ler une ontologie des images ou de lutter contre les images du contr\u00f4le, en privil\u00e9giant la formulation suivante&nbsp;: le cin\u00e9ma met en lumi\u00e8re et en sc\u00e8ne des <em>op\u00e9rations de regard. <\/em>D\u2019abord, l\u2019interview d\u2019Estephan Wagner permet de remettre au c\u0153ur de la r\u00e9flexion la dimension politique et circonstancielle du regard pos\u00e9 sur les images. Les m\u00eames images, toujours polys\u00e9miques, peuvent en effet \u00eatre vues et consid\u00e9r\u00e9es par diff\u00e9rentes personnes ou entit\u00e9s de mani\u00e8re radicalement diff\u00e9rentes. En ajoutant une vid\u00e9o promotionnelle de la <em>guardia civil<\/em> trouv\u00e9e sur YouTube, je prolonge cette r\u00e9flexion en provoquant un choc&nbsp;: dans <em>Les Sauteurs, <\/em>puisque nous sommes en empathie avec le personnage d\u2019Abou, la <em>guardia civil<\/em> ne peut \u00eatre qu\u2019une entit\u00e9 \u00e0 craindre, une menace, tandis que la vid\u00e9o met en sc\u00e8ne avec force d\u2019effets (musique martiale, ralentis, contre-plong\u00e9es\u2026) son r\u00f4le protecteur et bienfaiteur. Puis, je propose de voir que le cin\u00e9ma, plus que de mettre en sc\u00e8ne les images pour elles-m\u00eames, met en sc\u00e8ne les op\u00e9rations de regard qu\u2019il d\u00e9ploie par leur mise-en-film. J\u2019exemplifie cela en convoquant d\u2019autres films&nbsp;: <em>La Mer du milieu, <\/em>de Jean-Marc Chapoulie (2019), <em>Ailleurs partout, <\/em>de Vivianne Perelmuter et Isabelle Ingold (2020) et <em>Il n\u2019y aura plus de nuit, <\/em>d&rsquo;El\u00e9onore Weber (2021).<\/p>\n\n\n\n<p>Enfin, je poursuis ma r\u00e9flexion en proposant de remettre en cause l\u2019hypoth\u00e8se de d\u00e9part consistant \u00e0 consid\u00e9rer la rencontre des images de surveillance et des images amateur comme la manifestation d\u2019un conflit, comme deux r\u00e9gimes de visibilit\u00e9 se faisant face. Des extraits notamment de <em>Les Mis\u00e9rables,<\/em> de Ladj Ly (2019), <em>Transformers: the Premake, <\/em>de Kevin B. Lee (2014) et <em>Clean with me (after dark) <\/em>de Gabrielle Stemmer (2019) mettent en avant les possibles accointances entre les usages et strat\u00e9gies filmiques des \u00ab&nbsp;amateurs&nbsp;\u00bb et l\u2019id\u00e9e de surveillance globale. Notamment, je m\u2019appuie sur l\u2019expression de \u00ab&nbsp;permutabilit\u00e9 des positions de surveillant et de surveill\u00e9&nbsp;\u00bb<span id='easy-footnote-11-4809' class='easy-footnote-margin-adjust'><\/span><span class='easy-footnote'><a href='https:\/\/imagessecondes.fr\/index.php\/2022\/02\/papillon\/#easy-footnote-bottom-11-4809' title='\u00c9ric Sadin,&lt;em&gt; Surveillance globale, Enqu\u00eate sur les nouvelles formes de contr\u00f4le&lt;\/em&gt;, Paris, Climats, 2009.'><sup>11<\/sup><\/a><\/span> formul\u00e9e par \u00c9ric Sadin pour interroger les images amateur comme une forme potentielle de participation des acteurs surveill\u00e9s \u00e0 leur propre surveillance, ce que Dominique Quessada nomme \u00ab&nbsp;sousveillance&nbsp;\u00bb<span id='easy-footnote-12-4809' class='easy-footnote-margin-adjust'><\/span><span class='easy-footnote'><a href='https:\/\/imagessecondes.fr\/index.php\/2022\/02\/papillon\/#easy-footnote-bottom-12-4809' title='Dominique Quessada, \u00ab&amp;nbsp;De la sousveillance. La surveillance globale, un nouveau mode de gouvernementalit\u00e9&amp;nbsp;\u00bb, &lt;em&gt;Multitudes&lt;\/em&gt;, vol. 40, n\u00b01,2010, pp. 54-59.'><sup>12<\/sup><\/a><\/span>. Je montre notamment que les deux types d\u2019images que j\u2019opposais jusqu\u2019alors peuvent servir un dessein commun&nbsp;: celui de rendre visible ce qui pourrait ne pas l\u2019\u00eatre, alimentant une tentation d\u2019hyper-vsibilit\u00e9 qui peut \u00eatre consid\u00e9r\u00e9e comme un p\u00e9ril. Je mobilise la notion de pulsion scopique, que Jean-Louis Comolli notamment d\u00e9crit comme constitutive de l\u2019exp\u00e9rience humaine et de l\u2019histoire des \u00e9volutions des machines de vision<span id='easy-footnote-13-4809' class='easy-footnote-margin-adjust'><\/span><span class='easy-footnote'><a href='https:\/\/imagessecondes.fr\/index.php\/2022\/02\/papillon\/#easy-footnote-bottom-13-4809' title='Voir notamment l\u2019introduction de &lt;em&gt;Corps et cadre, &lt;\/em&gt;Paris, Verdier, 2012.'><sup>13<\/sup><\/a><\/span>. Gr\u00e2ce \u00e0 l\u2019exemple d\u2019<em>Il n\u2019y aura plus de nuit <\/em>et <em>Register Only, <\/em>je propose de consid\u00e9rer la rencontre des deux r\u00e9gimes d\u2019image \u00e9tudi\u00e9s <em>via<\/em> une image de contr\u00f4le non-machinique, orchestr\u00e9e par un \u0153il humain, ce qui remet en question la notion d\u2019image op\u00e9ratoire, celle-ci sous-entendant la disparition d\u2019un sujet. Ces exemples invitent \u00e0 relire les analyses pr\u00e9c\u00e9dentes \u00e0 la lumi\u00e8re des notions de points de vue et d\u2019\u00ab&nbsp;op\u00e9ration de regard&nbsp;\u00bb.&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p>Je propose \u00e0 la fin de l\u2019essai vid\u00e9o de consid\u00e9rer la possibilit\u00e9 que ces deux types d\u2019images se rejoignent voire se compl\u00e8tent, en ce qu\u2019elles permettent de recouvrir des champs du visible et des champs de l\u2019exp\u00e9rience sensible diff\u00e9rents, qui seraient r\u00e9unis au cin\u00e9ma pour proposer ce que je nomme \u00ab&nbsp;une vision totale&nbsp;\u00bb, c\u2019est-\u00e0-dire qui associerait une sensation d\u2019objectivit\u00e9, d\u2019omniscience, \u00e0 une sensation de subjectivit\u00e9. La r\u00e9sistance serait alors \u00e0 chercher du c\u00f4t\u00e9 d\u2019une fuite, d\u2019un refus de ce qu\u2019Yves Citton et Emmanuel Alloa nomment \u00ab&nbsp;la tyrannie de la transparence&nbsp;\u00bb fond\u00e9e sur la \u00ab&nbsp;shareveillance&nbsp;\u00bb (surveillance en partage) et contre laquelle il faudrait opposer un \u00ab&nbsp;droit \u00e0 l\u2019opacit\u00e9&nbsp;\u00bb, expression qu\u2019ils reprennent \u00e0 \u00c9douard Glissant<span id='easy-footnote-14-4809' class='easy-footnote-margin-adjust'><\/span><span class='easy-footnote'><a href='https:\/\/imagessecondes.fr\/index.php\/2022\/02\/papillon\/#easy-footnote-bottom-14-4809' title='Emmanuel Alloa et Yves Citton, \u00ab&amp;nbsp;Tyrannies de la transparence&amp;nbsp;\u00bb, &lt;em&gt;Multitudes &lt;\/em&gt;n\u00b073&lt;em&gt;, &lt;\/em&gt;2018.'><sup>14<\/sup><\/a><\/span>. Le cin\u00e9ma est donc pris dans la tension entre l\u2019invisibilit\u00e9 des \u00eatres (qui peut \u00eatre v\u00e9cue comme une invisibilisation politique, et c\u2019est contre elle que des films comme <em>Les Sauteurs<\/em> ou <em>Selfie <\/em>entendent agir) et \u00ab&nbsp;la &nbsp;sur-exposition dans la lumi\u00e8re de leur mise en spectacle&nbsp;\u00bb, pour reprendre une expression de Georges Didi-Huberman<span id='easy-footnote-15-4809' class='easy-footnote-margin-adjust'><\/span><span class='easy-footnote'><a href='https:\/\/imagessecondes.fr\/index.php\/2022\/02\/papillon\/#easy-footnote-bottom-15-4809' title='\u00ab Les peuples sont expos\u00e9s \u00e0 dispara\u00eetre parce qu\u2019ils sont [\u2026] sous-expos\u00e9s dans l\u2019ombre de leur mise sous censure ou [\u2026] sur-expos\u00e9s dans la lumi\u00e8re de leur mise en spectacle \u00bb. George Didi-Hubermann, &lt;em&gt;Peuples expos\u00e9s, peuples figurants&lt;\/em&gt;, Paris, Les \u00c9ditions de Minuit, 2012,&lt;em&gt; &lt;\/em&gt;p.15.'><sup>15<\/sup><\/a><\/span>. Une voie parall\u00e8le \u00e0 cette \u00ab&nbsp;guerre du storytelling&nbsp;\u00bb avec laquelle j\u2019ouvrais <em>\u0152il pour \u0153il <\/em>pourrait \u00eatre une strat\u00e9gie de dissimulation. Rendre cette strat\u00e9gie soluble dans un travail audiovisuel peut \u00eatre paradoxal, c\u2019est pourquoi la r\u00e9flexion reste \u00e0 poursuivre.<\/p>\n\n\n\n<hr class=\"wp-block-separator is-style-wide\"\/>\n\n\n\n<p><strong>Ariane Papillon<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>Ariane Papillon est dipl\u00f4m\u00e9e en cin\u00e9ma et audiovisuel de l\u2019\u00c9cole Normale Sup\u00e9rieure de Lyon et de l\u2019\u00c9cole Nationale Sup\u00e9rieure d\u2019Audiovisuel de Toulouse, et est titulaire d\u2019un dipl\u00f4me sp\u00e9cialis\u00e9 sur le monde arabe de l\u2019Institut d\u2019\u00c9tudes Politiques de Lyon. Depuis 2016, elle a v\u00e9cu principalement \u00e0 Tunis, o\u00f9 elle a notamment travaill\u00e9 au service de coop\u00e9ration et d\u2019action culturelle de l\u2019ambassade fran\u00e7aise. Elle est laur\u00e9ate du CAPES de Lettres modernes en 2019. Aujourd\u2019hui elle enseigne en Licence Cin\u00e9ma \u00e0 l\u2019Universit\u00e9 Paris VIII o\u00f9 elle pr\u00e9pare un Doctorat de recherche-cr\u00e9ation autour des dispositifs de partages de la mise-en-sc\u00e8ne et de d\u00e9l\u00e9gation de la cam\u00e9ra dans le cin\u00e9ma documentaire, sous la direction de Dork Zabunyan (laboratoire ESTCA). Elle r\u00e9alise dans ce cadre deux projets documentaires,<em> \u00c0 nos amies&nbsp;<\/em>(soutenu par la SCAM et le CNC) et&nbsp;<em>Dream City&nbsp;<\/em>(produit par Backstory.Media et soutenu par le CNC).<\/p>\n\n\n\n<hr class=\"wp-block-separator is-style-wide\"\/>\n\n\n\n<p><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Ariane Papillon \u0152il pour \u0153il R\u00e9sum\u00e9 \u0152il pour \u0153il est un essai vid\u00e9o de vingt-cinq minutes proposant une r\u00e9flexion sur l\u2019utilisation cin\u00e9matographique d\u2019images de vid\u00e9o-surveillance, en particulier lorsqu\u2019elles rencontrent, au montage, des images qui renvoient \u00e0 ce que je qualifie de \u00ab&nbsp;r\u00e9gime amateur&nbsp;\u00bb. 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